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Les renforts d’Europol en IA suscitent des inquiétudes sur la protection de la vie privée

Les renforts d’Europol en IA suscitent des inquiétudes sur la protection de la vie privée

politico.eu 06.10.2026 19:11 6 views
L’agence européenne de coopération des services de police devra faire face à la fois aux cybercriminels et aux défenseurs de la vie privée.

BRUXELLES — Alors que l’UE prévoit de renforcer les moyens d’Europol à l’ère de l’intelligence artificielle, de hauts responsables européens mettent en garde que cela ne doit pas se faire au détriment de la protection de la vie privée des Européens. Face aux cybercriminels, terroristes et espions qui se servent de l’intelligence artificielle pour faire des escroqueries, de l’extorsion et des cyberattaques, Bruxelles mise sur le renforcement des compétences en matière d’IA d’Europol — l’agence qui coordonne les renseignements policiers européens depuis 1998 — afin de lutter contre ces menaces. Cela “doit aller de pair avec un fort contrôle démocratique et des garde-fous solides en matière de droits fondamentaux et de protection des données”.

L’UE a dévoilé cet été un projet visant à opérer une “évolution transformatrice” de l’agence basée à La Haye. Il est question de doubler son budget pour le porter à 3 milliards d’euros, et de lui conférer un rôle actif dans la lutte contre les nouvelles menaces, en lui donnant accès à davantage de données et à des technologies de pointe. Alors que les développeurs et les responsables politiques débattent de l’opportunité de ralentir le développement des modèles d’IA de pointe, les forces de l’ordre, elles, sont déjà confrontées à des criminels qui utilisent les technologies les plus récentes.

Mais ce projet soulève aussi des questions en matière de gouvernance et protection de la vie privée, suscitant un débat houleux sur l’étendue des pouvoirs dont devraient disposer les forces de l’ordre pour assurer la sécurité des citoyens face à l’IA et grâce à celle-ci. Wojciech Wiewiórowski, le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD), qui veille à ce que l’ensemble des agences et institutions de l’UE respectent les règles en la matière, s’est dit “tout à fait favorable” à l’idée de donner à Europol les moyens d’utiliser des données et de nouveaux outils basés sur l’intelligence artificielle. Mais il “faut qu’il y ait un contrôle”, a-t-il ajouté.

Cela représente un défi de taille pour les forces de l’ordre.” Europol, qui emploie plus de 1 700 personnes, a été conçu comme une organisation de centralisation, collaborant avec les services de police européens afin de faciliter l’analyse et le partage d’éventuels éléments de preuve et d’autres informations liées aux enquêtes criminelles. Dans le cadre du nouveau projet, l’UE compte désormais sur cette agence pour mettre au point de nouvelles façons d’utiliser l’IA afin de passer au crible les montagnes de données disponibles et d’aider les forces de police nationales à résoudre des affaires en temps réel. Si les plus récentes avancées en matière d’intelligence artificielle peuvent être utiles aux criminels comme aux forces de l’ordre, ces dernières doivent en plus respecter les principes démocratiques.

Alors qu’Europol pourra traiter un volume d’informations potentiellement colossal, la protection de la vie privée pourrait bien être le principe le plus menacé. Cet enjeu est au cœur des préoccupations de Jürgen Ebner, qui est désormais pratiquement assuré de diriger Europol pendant les quatre prochaines années. Il a pointé les contrôles juridiques qui pèsent sur les forces de police lorsqu’elles tentent d’utiliser l’IA.

Pour lui, l’accès rapide aux preuves électroniques est essentiel pour tirer le meilleur parti des capacités émergentes de l’intelligence artificielle. Toutefois, Jürgen Ebner a argué devant les policiers, lors d’une conférence à Lisbonne le mois dernier, qu’Europol ne devait pas basculer dans une situation où “la collecte de données devient une fin en soi, la technologie sert à justifier son propre usage, ou l’urgence sert de prétexte pour abandonner les garde-fous”. S’également aux forces de police de toute l’Europe réunies à Lisbonne, Wojciech Wiewiórowski, le Contrôleur européen de la protection des données, a considéré que la proposition de l’UE “jette officiellement les bases d’une action policière en Europe fondée sur l’intelligence artificielle et les données”.

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